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Simplification du statut par la fusion des corps

mercredi 23 mars 2005, par Laurent

La question de l’évaluation des chercheurs est indissociable de celle de la réforme du statut.

Aujourd’hui, le constat est criant :

- Contre toute cohérence, une cloison hermétique existe entre les statuts des chercheurs des grands centres et des enseignants chercheurs dans les universités.
- Beaucoup de chercheurs donnent également des enseignements.
- Les enseignants-chercheurs sont souvent tentés de privilégier leur recherche, y compris aux dépens des activités d’enseignement.

Nous préconisons 2 volets de réponse à constat :

1- La fusion des 2 corps

Même si elle doit être progressive, cette fusion doit désormais constituer l’un des grands projets de réforme de la recherche.

Pour redonner de la vigueur à la fois à la recherche mais également à l’enseignement, il est temps de mettre un terme au monopole de la recherche délégué aux seuls grands centres. La recherche en France doit sortir du seul sérail des EPST et prospérer aussi bien dans l’université, où elle est souvent mal vue, que dans les entreprises.

3 raisons principales peuvent justifier cette démarche :

- Simplification dans la gestion des carrières des fonctionnaires
- Matérialisation de l’articulation devant exister entre les activités de recherche et d’enseignement
- Revalorisation de l’image de la recherche semblant aujourd’hui réservée à une caste de privilégiés, bénéficiaires d’un emploi à vie et libérés de toute obligation de résultats.

A cet égard, les « décharges de service » prévues par le projet de LOPRI nous paraissent intéressantes. Il nous semble qu’elles devraient cependant ne pas être circonscrites, ou du moins rendues prioritaires, aux seuls enseignants-chercheurs associés aux PRES.

2- Une nouvelle articulation dans la carrière

Les chercheurs sont plus efficaces dans leurs travaux de recherche dans la première partie de leur carrière.
Ils doivent pouvoir, s’ils le souhaitent, se consacrer de façon prioritaire à ces activités de recherche.

Nous préconisons donc un schéma de carrière autour de 2 temps, sans que ces périodes ne soient strictement cloisonnées :

- le premier temps consacré à la recherche
- le second à l’enseignement

Plusieurs justifications à cela :
- les chercheurs sont plus « productifs » dans la première partie de carrière
- réciproquement, le niveau d’expertise acquis après plusieurs années de recherche permettrait d’assurer des enseignements de haut niveau aux étudiants des universités
- Si la fin de l’endogamie géographique des recrutements est un objectif affiché, cette mesure permettrait de mettre un terme à l’endogamie générationnelle qui exclut les jeunes chercheurs des fonctions à responsabilité.

Cette nouvelle articulation de carrière répond à une autre nécessité, qui est elle démographique.

Dans les 10 années qui viennent, les départs à la retraite vont être conséquents. Dans le même temps, rien n’a été fait ces dernières années pour amener les étudiants à la carrière d’enseignant-chercheur.

Il est donc urgent de trouver un autre vivier d’enseignant. Dans le cas contraire, la charge de travail incomberait aux seuls actuels enseignants-chercheurs et entraînerait irrémédiablement si on ne souhaite pas être contraint de recourir à une forte politique contractuelle qui serait aussi néfaste, en terme de qualité des enseignements, que dangereuse politiquement.
Le recours à des chercheurs serait une solution garante à la fois de l’emploi public et de la qualité de l’enseignement et permettrait de surcroît, de pouvoir « afficher » un volontarisme politique en matière de recrutement.